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A l’heure des téléphones portables, les dérapages de police ne passent plus inaperçus.

Mercredi 19/11/2008 | Posté par Cristina

Samedi soir à Lausanne, des jeunes subissent une intervention policière musclée. Frappés, gazés puis attaqués par un chien et finalement arrêtés alors qu’ils n’ont apparemment rien fait de répréhensible. L’un d’entre eux pense à filmer une partie de la scène. Témoignages.

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envoyé par mehdiatmani

Tout a commencé après un début de soirée chez un pote. Ils étaient huit et à minuit décident de sortir. Dehors, une voiture de Police. Deux flics dont un avec un chien s’avancent. "Vous faites trop de bruit, on a reçu une plainte". "C’est vrai qu’on faisait du bruit, on savait ce qu’on faisait mais on avait bu". Bref, la soirée continue et 150 mètres plus loin, vers Montriond, la même voiture s’arrête à nouveau. Toujours une histoire de bruit. "Sur le chemin, c’est vrai on a crié. Ils nous contrôlent, prennent nos noms, nous fouillent. Ensuite on monte le Petit Chêne et on arrive à Bel-air. Sur le pont on voit un camion de pompiers, personne savait pourquoi. Ensuite on va sur le toit de la fnac et à peine arrivés, les mêmes flics qui nous ont contrôlés plus bas avec le même chien arrivent eux aussi. Un des filcs vient vers moi dans la foule. J’avais les mains dans les poches et il me dit : enlève les mains de tes poches ! Je les enlève et il me fait une clé de bras au milieu des autres sans rien demander". Il t’a pas dit pourquoi ? "Y a rien eu, aucun dialogue, direct, cash", me dit Sam*. "Il m’emmène vers la barrière et me met les menottes pire serrées. Il me jette par terre. A ce moment-là un pote avait commencé à filmer".

Pascal* : "En fait, quand on est arrivé sur le toit de la fnac, les flics sont arrivés à quatre vers nous. Il n’y avait pas que nous, on était beaucoup sur le toit, et ils nous ont plus ou moins encerclé. Là ils étaient quatre, mais quand ça a commencé à dégénérer il y en a d’autres qui sont arrivés. Plus de dix. Ils ont dit à tout le monde de ne plus bouger de là. Ils étaient déjà agressifs. Ils ont d’abord interpellé un black qu’on connaissait pas en lui mettant la main sur l’épaule et à partir de là c’est devenu un peu tendu. Ils lui ont mis les menottes et tout. Un autre gars se fait aussi mettre les menottes juste après. Et là ça a commencé à gueuler. On s’est rapproché et c’est là qu’ils ont arrêté Sam. On leur a dit d’arrêter, qu’on avait rien fait. Ils nous empêchaient de passer alors un pote a voulu enjamber la barrière et les flics l’ont empêché en lui donnant un coup de poing, une droite juste devant moi. A ce moment-là, je suis allé vers Sam qui était à terre et allait se faire embarquer. Le flic avec le chien vient vers moi. Il nous menaçait depuis un moment avec le chien en disant : dégagez ! Un autre flic m’a foutu un coup de matraque alors que j’essayais de m’approcher et là je me dis que c’est vraiment pas normal. A peine 20 secondes plus tard, je vois Baptiste se faire mordre par le chien. Il se retrouve par terre".

Baptiste* : "Moi je faisais rien, j’étais debout en train de regarder ce qu’il se passait quand le chien m’a choppé le bras. Sur la vidéo on voit bien que c’est pas moi qui suis allé vers le chien. Là les flics me disent : à terre à terre ! Et l’un d’entre eux me fait une clé de bras. En plus de ça, ils gazent un peu tout le monde dont celui qui filme. Donc moi je voyais rien, il m’a fallu 45 minutes ou une heure pour pouvoir ouvrir les yeux. Une fois que le chien m’a lâché, les flics se sont barrés. Une fille a retrouvé ma carte d’identité un peu plus loin. Déjà je pense qu’ils auraient du m’aider, appeler une ambulance et pas me laisser là par terre". 

Pascal : "Quand Baptiste s’est fait mordre j’ai vu le maître qui paniquait et lui disait de lâcher. En même temps, depuis le début il excitait son chien en nous criant dessus, d’ailleurs on l’entend aboyer tout le long dans la vidéo. Et lui il était tout aussi excité que son chien. A partir du moment où le chien a lâché, un ou deux flics sont restés deux minutes pour voir si ça allait, mais aucun ne s’est intéressé à Baptiste. Les flics sont partis parce qu’ils se sont gazés entre eux, je les ai vu, au moins trois ou quatre étaient gazés. Ca, ça montre bien qu’il y a eu une perte de contrôle totale de la situation ! Ils sont partis sans rien dire à personne et en laissant une carte d’identité par terre. Tout le monde était gazé. J’ai pensé que c’était un contrôle parce qu’ils ont demandé deux ou trois pièces d’identité au début, mais après c’est parti. Toute la nuit, on n’a pas su de quoi il s’agissait".

Sam :  "Quand j’ai demandé pendant la nuit pourquoi je m’étais fait arrêté ils m’ont juste dit que c’était parce que j’étais agité, ils n’ont parlé de rien d’autre. Toute la nuit je me suis dit que j’allais faire un scandale le matin parce que je m'étais fait arrêter pour rien. Le lendemain je demande un verre d’eau et un flic me dit : ah vous voulez un verre d’eau pour éteindre l’incendie ? Et c’est seulement là que je me souviens du camion de pompiers qu’il y avait à Bel-air et que je comprends qu’ils sont en train de m’impliquer dans une histoire beaucoup plus grave. Ce n'est donc que le lendemain matin que j’apprends de quoi ils m’accusent vraiment". Une fourgonnette de police aurait brûlé de façon intentionnelle durant la nuit du 15 au 16 novembre et Sam est présumé coupable. "Je leur explique que je me suis fait contrôler plusieurs fois (c’est apparemment entre les deux contrôles que le fourgon a été incendié). Entre le premier contrôle vers Montriond et Bel-air, j’ai marché à tout péter 20 minutes. En plus quand on est arrivé, le camion de pompiers était déjà là. Ca voudrait dire que j’ai pris un taxi, j’ai été à Bel-air pour cramer la voiture de flics, je suis redescendu en taxi rejoindre mes potes et j’arrive à Bel-air tout étonné qu’il y ait un incendie !? C’est impossible que ce soit moi, les gars ils se trompent complètement".

Pascal : "En allant à l’hôpital pour Baptiste on les a recroisés, et il leur a dit de regarder ce qu’ils lui avaient fait. Mais ils ont répondu : casse-toi on s’en fout. On a demandé pourquoi ils étaient venus vers nous et l’un d’entre eux a dit que ça n’aurait pas du se passer comme ça". Suite à ces événements, Baptiste est donc allé voir un médecin pour son bras qui, en voyant son état, lui a tout de suite conseillé de porter plainte. Ce qu’il a fait, vidéo à l’appui. Sam, quant à lui, est toujours accusé présumé.

Du côté de la Police, Monsieur Jean-Philippe Pittet, responsable de la communication, a accepté de me donner sa version. "A la suite d’un délit et sur indication de témoin, ces personnes ont été interpellées à Bel-air parmi une foule. Suite à la résistance de certains d’entre eux, les policiers ont du faire usage de contrainte et recourir à l’utilisation de spray". Il précise qu’il ne s’agit pas là des gaz utilisés lors de manifestations, mais de spray au poivre. "Par la suite, une personne a été mordue par un chien et une plainte a été déposée. Une enquête est actuellement en cours". Savoir quel délit est à l’origine de tout ça, il ne peut pas me le dire car il s’agit d’un élément de l’enquête. Savoir pourquoi le chien a mordu un individu, il ne peut pas me le dire car l’enquête est en cours. Il ne peut tout simplement pas m'en dire plus.

Sam : "La question c’est pourquoi les flics ont créé une tension pareille. Pourquoi les chiens et les bombes lacrymo’ ? Ils ont cru qu’ils avaient à faire à des gens avec des couteaux ou bien ? En face d’eux ils avaient des jeunes de 17 à 22 ans à tout péter, tranquilles sur le toit de la fnac, un lieu public. T’as le droit d’être assis là, t’es pas un délinquant si t’es posé sur le toit de la fnac. C’est eux qui la créent la tension, c’est pas nous. S’ils étaient venus me demander ma pièce d’identité, qu’ils m’avaient emmené sans me foutre par terre, ça aurait créé dix fois moins de tension". 

Affaire à suivre


* Prénoms fictifs

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Cristina -

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Réactions des internautes

sputnik
Mercredi 19 Novembre 2008, 21:49
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copwatcherz!
Ca me rappelle un petit reportage que j'avais maté y'a quelques mois... Après les states, le "copwatching" débarque à lausanne!

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stunned
Jeudi 20 Novembre 2008, 10:26
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 C'est affligeant que les flics puissent se permettre une telle impunité et aller aussi loin dans la violence juste parce qu'ils ont entendu que des "jeunes faisaient du bruit". D'autant plus que, comme toute personne qui sort la nuit à Lausanne, nous savons pertinemment que la police agit quand ça l'arrange, où ça l'arrange, que ça gueule ou pas dans la rue. Bref, préjugé antiflic mis à part- car il en existe certainement qui font bien leur boulot et sans excès- c'est à se demander vers quelle société de Rambos à la manque en mal de respect on s'achemine. Légitimer l'usage de "sprays au poivre"-qui s'apparentent pour qui les a testés, d'avantage à des sprays à l'acide chlorydrique et au gaz Sarrin tant ils brûlent littéralement les yeux et les poumons est déjà très discutable. Mais les chiens!!!?
J'ai pour ma part une véritable aversion pour ce genre de méthodes aux relents totalitaires qui nous rappellent hélas que l'usage d'armes et de violence, n'est là pour "protéger les citoyens" que dans les films de seconde zone et qu'elle se retourne systématiquement contre nous (cqfd, les flics se sont spray-poivrés eux-mêmes et n'arrivaient de toute évidence pas à tenir leur chien). Le pire c'est que ce genre de récit est fréquent, et même venant de jeunes flics hors de leurs heures de service, tout galvanisés du pouvoir qu'ils ont subitement lorsqu'ils enfilent leur uniforme. Bref, j'arrête là. Mais cette histoire ne doit pas rester sans écho citoyen, l'indignation est nécessaire.


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lie
Vendredi 21 Novembre 2008, 15:29
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Re:
Et bien c'est chaud à Lausanne, ils ont pris cher pour une sortie entre potes, finalement les flics de chez nous (Bondy 93) ne sont pas les pires. Je suis bien d'accord avec stunned et j'ai vu aussi le docu sur les copwatching, c'est en effet une bonne manière d'éviter les dérapages. Légitimer le spray au poivre c'est très discutable, mais qu'est ce que l'on devrait dire du tazer ? Est il aussi utilisé en Suisse ? Certains flics français commencent à s'inquiéter de son utilisation, à croire que ce n'est pas si inoffensif que ça.

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Romuald
Samedi 22 Novembre 2008, 02:16
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Re:
Certains flics se comportent malheureusement comme de véritables cow-boys; le pouvoir que confère le port d'arme monte assez vite à la tête, surtout lorsque les personnes détentrices de cette autorité publique ont intégré les forces de l'ordre pour assouvir leurs opinions pas toujours déontologiques..

Je sais qu'il est question en France de filmer toutes les interventions policières au moyen d'une caméra embarquée, un peu comme aux USA; problème, si la caméra a un angle de prise de vue réduit, il sera facile aux flics pourris de prétendre que dans l'urgence, ils n'ont pas pensé à se mettre dans le champ de la caméra..



Concernant le Taser, la société qui le diffuse l'avait présenté comme une simple arme de 6ème catégorie (achat et détention libres; port et transport interdits) et surtout, comme une arme non-létale. Mais cette classification aurait permis son achat par tout un chacun chez le 1er armurier du coin.
En le classant comme arme de 4ème catégorie en 2004 je crois, l'Intérieur en France avait ainsi voulu éviter qu'il ne soit plus possible pour le quidam lambda d'en acquérir (achat et détention soumis à autorisation préfectorale). Et de le classer en arme à létalité réduite, ce qui de toute façon aurait dû être sa classification 1ère.

Maintenant, nous sommes en France près de 250.000 fonctionnaires en arme (arme à feu, s'entend, 1ère cat et 4ème cat). Une arme à feu ayant une létalité autrement plus importante que celle d'un Taser, combien de morts par balle suite à une bavure/tir en légitime défense par an?..
Le problème n'est pas l'arme en elle-même, mais la formation dispensée, et des règles d'engagement strictes. Et bien sûr, le respect de celles-ci par les personnels..


Face à des forcenés imbibés et/ou sous l'influence de substance "qui font rire", un tonfa ne sert pas à grand chose sinon exposer inutilement les fonctionnaires; quant à l'arme de service elle ne peut être utilisée qu'en cas de légitime défense.
Il manquait donc une arme conférant une allonge suffisante.



Quant aux sprays poivrés et autres bombes incapacitantes, c'est assez idiot de la part de ces policiers de les avoir utilisés à l'air libre vu la dispersion plus qu'alétoire des gaz projetés..
Je ne parle même pas de la non-maîtrise du chien par son maître; cela dit, je n'étais pas sur place pour juger de ce qu'il a pu se passer ou non.

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Manuel
Samedi 22 Novembre 2008, 20:19
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Re:

La police n’a peut-être pas toujours fait preuve d’une grande diplomatie, mais si plusieurs individus s’avancent trop près d’eux pendant une interpellation, j’imagine qu’ils sont bien obligé d’imposer une distance de sécurité. D’autant plus que le combat et inégal envers eux du fait que des conflits de ce genre, ils doivent sans doutes en gérer plusieurs fois par semaine. Donc s’ils laissent tout le monde venir a 10 centimètre d’eux, c’est sur qu’en une année de service,  ils sont a peut près sur de se prendre un coup de couteau.

Il est du bon sens de se dire que le policier ne peut pas prédire les intentions de personnes qui s’avancent vers lui lors d’un désaccord.

Un dernier point que j’aimerais souligner par rapport au titre de l’article « alors qu’ils n’ont apparemment rien fait de répréhensible ». C’est peut-être vrai du point de vue de la loi (en fait je n’en sais rien du tout), mais je voudrais dire que personnellement, j’en ai plus que marre de me faire réveiller à 3 heures du matin par des gens qui se mettent à hurler au milieu de la nuit (souvent même en semaine). Ca, c’est un total manque de respect surtout qu’en ville, c’est par dizaines que les gens sont réveillés.

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flopy18
Samedi 22 Novembre 2008, 22:03
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Re:
C'est bien fait pour leur geule. 

Je ne comprends pas qu'on puisse dire les flics ont fait n'importe quoi sur des jeunes qui n'avaient rien fait de répressible à cause des points suivants :

- Une personne de fait contrôler puis interpeller et ils viennent s'interposer en prenant les flics à parti. Si je ne me trompe pas, on appelle ça une opposition aux actes de l'autorité dans le code pénal. Première infraction !

- Il leur a été demandé à plusieurs reprise de se mettre plus loin et ces petits imbéciles pensent tout savoir en disant qu'à 1.5 mètre il a le droit de filmer. Certes, il peut filmer l'intervention mais quand on lui dit de reculer, il doit reculer. Il ne l'a pas fait ce qui revient à une seconde infraction !

Donc les jeunes n'ont pas rien fait de répréhensible car il y a déjà les deux premières infractions auxquelles on peut rajouter le scandale, l'ivresse publique et le bruit !

Quant à l'usage du spray..... Il s'agit d'un moyen de contrainte tout comme le bâton, le verbal et le chien. Au vu de comportement des jeunes "qui n'ont rien fait ", le premier moyen soit le verbal n'a pas fonctionné. Les jeunes se sont approchés et sont venus faire chier. Donc les flics passent à l'échelon supérieur donc utilisation du bâton et du spray pour faire reculer les jeunes innocents qui ne veulent pas se tenir à distance. 

Quant au chien, fidèle ami de l'homme (de son maître), il va essayer de le défendre au péril de sa vie. Dans cette affaire, il a senti que son maître était en danger. D'où le fait qu'il ait croqué le bras du "jeune innocent" qui n'a pas non commis les 5 infractions que j'ai citées plus haut.

Finalement, le fait que son maître demande à son animal de lâcher le bras du jeune ne veut pas dire qu'il perds les pédales mais qu'il maîtrise son chien.

En espérant que ces quelques lignes feront réfléchir les jeunes imbéciles qui viennent ramener leur science lorsque les flics font leur travail. Les situations "dégénèrent" de cette manière à causes des gens qui s'interposent et croient tout savoir.

A bon entendeur salut.

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Michael DePasquale
Samedi 22 Novembre 2008, 23:43
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Re:

Je partage votre avis. Plutôt que de crier à la bavure, il s'agit de réfléchir un instant. Comment se fait-il qu'un jeune se retrouve avec un chien policier pendu à son bras...? Allo...., un chien policier, ce n'est pas le gentil Médor de tante Louisette, ils sont formés à maîtriser un agresseur et défendre leur maître dans un périmètre bien défini, pas à croquer dans le tas et encore moins à fraterniser avec un couillon qui crie à tour de bras cette foutaise de "1m50 msieur, 1m50, j'ai le droit..." T'as surtout le droit de pas d'approcher oui. Qui s'y frotte s'y pique. 

Bavure? A mon avis, l'affaire en restera là, car la vidéo, si elle prétend dénoncer un dérapage sans précédent, discrédite surtout leurs auteurs, imbéciles notoires, qui n'ont pas écouté les injonctions -musclés certes - d'hommes qui sont tout de même les réprésentants de la loi. Tout le groupe a été largement, clairement et explicitement averti.
Par ailleurs, je ne vois pas l'intérêt de faire l'amalgame avec l'utilisation de Taser (un débat important c'est vrai, mais qui n'a rien à faire ici), ni avec le mouvement contestable de copwatcherz.... Heu, permettez: à quand la création d'un boulanger-watchers, d'un journaliste-watchers, d'un caissière-watchers ....? Non mais c'est quoi ces conneries. Vous aimeriez vous qu'un inconnu passe le plus clair de son temps dans votre dos, au bureau, en filmant allégrement vos gestes sous prétexte qu'il est là pour faire respecter la démocratie et s'assurer que vous faites bien votre boulot...?? Faut pas non plus pousser mémé dans les orties.... La police fait son travail, et ça m'énerve profondément que chaque quidam ramène sa fraise d'omniscience à n'importe quelle occasion, ou invoque le retour du totalitarisme, du fascisme et de la dictature policière lorsqu'il assiste à une intervention dont il ne sait rien. 
Ca, c'est dit.

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Sam
Dimanche 23 Novembre 2008, 01:07
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Re:
Il est clair qu'il n'est pas bon de tomber dans l'amalgame "les flics, tous des cons". Mais il est encore plus mauvais de conférer une toute puissance à nos agents qui, dans bon nombre de cas, devraient également remettre en question leurs pratiques et leurs méthodes. 

Dans l'interpellation musclée qui a été filmée, plainte a été déposée et excuses des policiers. L'enquête est en cours. On peut certes s'interroger sur les méthodes employées par les jeunes pour médiatiser l'affaire, mais dans ce cas, les flics ont résolument merdé et l'ont reconnu. Alors non, les flics ne font pas toujours bien leur boulot.

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Anonyme
Dimanche 23 Novembre 2008, 02:09
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Re:
Merci de vos réactions. Le but était justement de faire réagir car lorsqu’une affaire implique des policiers et des « jeunes », les avis sont souvent très tranchés, voire extrêmes. (Je pense notamment aux réactions sur le site du 24h concernant la même affaire). Les policiers sont des fachos et les jeunes sont des racailles. Il ne s’agit pas que chaque quidam ramène sa science mais donne son opinion afin peut-être de faire réfléchir au-delà de ces amalgames et généralités. Bien que bon nombre de policiers fassent certainement très bien leur travail, il arrive qu’une situation leur échappe, pire encore qu’ils abusent de leur pouvoir. Bien qu’un bon nombre de jeunes puissent avoir un comportement gênant l’ordre publique, pire encore provoquant délibérément l’autorité, il arrive que ce ne soit pas le cas et qu’ils soient traités de façon inadéquate. Dans ce cas précis, certes les personnes interpellées ont fait du bruit plus tôt dans la soirée. J’ai tenu à le préciser non pas pour desservir leur image mais pour être plus réalistes. Des personnes lisses, blanches et sans reproches ce n’est pas crédible. Est-ce pour autant une raison pour être arrêtés et mis à terre sans explication, ou encore mordu par un chien et laissé sans considération ? Car si le doute plane chez certains quant au comportement de ces individus face aux policiers, ces derniers ont tout de même pour devoir de savoir garder leur sang-froid (et maîtriser leur chien), que ce soit face à des coupables ou à des innocents. Et il n’est pas question ici de remettre en question la difficulté de cette tâche. Or des faits sont là et ne permettent pas de concevoir ces policiers comme lisses, blancs et sans reproches, même si ce sont des représentants de la loi. Un individu a passé la nuit au poste de police sans savoir de quoi on l’accusait jusqu’au lendemain matin à travers des propos allusifs. Notons que ces accusations semblent difficilement tenir la route compte tenu des contrôles dont il avait fait l’objet plus tôt. Un autre s’est retrouvé à terre, mordu par un chien et sprayé, sa carte d’identité jetée au sol, sans qu’aucune de ces personnes que l’on appelle aussi des gardiens de la paix ne se soucient de son état. Selon moi, cela suffit à parler de dérapage tout en faisant preuve d’une démagogie certaine…

Pour ma part, si l’un de mes amis se fait mettre les menottes sans explication, il y a des chances que je m’approche pour voir de quoi il s’agit malgré les indications données. J’espère que ce n’est pas une raison pour banaliser le fait de se faire mordre par un chien au point de ne pas s’en soucier. Et j’espère également que si cela arrive, j’aurai le réflexe de filmer afin d’avoir une preuve que ce qu’il se passe n’est pas correct. Il ne s’agit en effet de rien d’autre, le ton du film n’est ni à la rigolade ni à la performance. Certainement aussi qu’un boulanger sera moins souvent l’objet d’un film cherchant à immortaliser une preuve qu’il outrepasse les droits qui lui sont conférés par sa fonction. Doit-on vraiment expliquer pourquoi ? Dans tous les cas, la plainte a été reçue et une enquête est en cours. 

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Cristina Sanchez
Dimanche 23 Novembre 2008, 02:26
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Anonyme
Le commentaire précédent est apparu comme anonyme par erreur mais je l'ai bel et bien écrit!

Cristina Sanchez 

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coco
Dimanche 23 Novembre 2008, 10:39
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Re:
 Vous êtes bien excessif flopy, est ce bien nécessaire de dire "bien fait pour leur gueule", si vous ne vous rendez même pas compte de la réaction disproportionnée des forces de l'ordre c'est grave, je n'imagine pas le monde dans lequel vous voudriez vivre. Heureusement il est bien précisé que la police elle même a reconnu ses erreurs et ses dérapages, ce qui contredit totalement vos accusations envers ces jeunes.

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sputnik
Dimanche 23 Novembre 2008, 18:54
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Re:
C'était du second degré si jamais mon allusion au copwatching... Si un tel mouvement voyait le jour à Lausanne je me poserais sérieusement des questions. Mais remis dans son contexte, c'est à dire dans quelques megapoles aux Etats-Unis, je trouve que c'est une réponse intéressante d'une certaine partie de la population face aux débordements (et à l'impunité) de certains policiers. C'est toujours mieux que de crâmer leurs bagnoles...

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Fleks
Dimanche 23 Novembre 2008, 21:56
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Re:
Pas hyper clair: Pour toute la partie "frappe, gaze".
Probablement des torts de chaque cote entre la perte de maitrise du chien et la non respect d une distance convenable lors de l intervention.

En tout cas, pas a la fete la police lausannoise ces temps. Enfin, ca me choque moins que le flic qui a tire 3 balles vers l avenue de la gare.

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Quidam conscient
Lundi 24 Novembre 2008, 11:13
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Des jeunes et des flics. Tous des êtres humains avec d'inévitables faiblesses...Ouais, pourtant, on attend tout de même de la part des seconds un minimum de psychologie et pédagogie. D'une part, parce qu'ils sont des adultes. D'autre part, car par définition ils doivent maintenir l'ordre et la sécurité et non créer la chienlit!

En utilisant une répression excessive, en levant le bâton et le ton bien (trop) vite, à mon avis, les flics lausannois dans la situation susdite ont bien perdu les pédales. Certes, la provocation dans ce cas semble avoir fonctionné dans les deux sens. Seule différence (mais pas des moindres), certains avaient pour arme : chien, sprays, bâtons, menottes et menace de l'uniforme alors que d'autres n'avaient que les mots et un portable.

Le début de l'histoire reste un peu flou, c'est vrai. Mais la fin semble claire.

Au final, qui sont les plus à plaindre?

Les flics? Parce qu'ils seraient:  "gênés-dans-leur-boulot-car-ils-sont-filmés", dénoncés le temps d'un article par quelques quidams bloggueux, obligés de baisser un peu la tête en formulant des excuses avant, bien sûr, d'être acquittés par la justice?
Ou ces jeunes? Parce que l'un d'eux s'est fait bouffer le bras, un autre mis à terre et menotté avant de finir au poste, et que chacun d'entre eux ont été jugés coupables dès le début? Tout ça, bien sûr, sans que justice soit faite...

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